Le
Projet de
Recherche Historique de la Tribu Omaha
Une vision de la réalité
Le Projet de Recherche Historique de la Tribu
Omaha a débuté officieusement en 1974 grâce à un groupe d'activistes
locaux et est devenu, au cours du dernier quart de siècle, l’un des
groupes les plus efficaces et les plus influents aux États-Unis.
Reconnu en 1991 en tant qu’organisation caritative à but non lucratif,
l’OTHRP a su s'ériger au premier rang de la construction d’une «
coalition inter-culturelle pour l'éducation publique et pour un
changement positif des relations sociales » entre les communautés
amérindiennes et non-amérindiennes du Nebraska et d’ailleurs. Le groupe
a facilité d’importantes recherches originales dans un large éventail
d’études connexes, comme par exemple l’enregistrement de photographies
d’archives et d’autres documents, ainsi que l'organisation d’expositions
de grande importance, tenues notamment à l’Université d’Harvard ou
encore à l’Université du Nebraska à Lincoln.
L’un des premiers projets de l’OTHRP s'est tenu au début des années
1980, en collaboration avec le Centre de Folklore Américain de la
Bibliothèque du Congrès. Le groupe permit la restauration d'anciens
enregistrements de musique traditionnelle omaha sur bobines de cire
grâce à leur authentification, et réintégra ces chants auprès de la
communauté locale et au reste du monde. Aujourd’hui, la documentation
relative à ce projet est disponible sur le site Internet de la
Bibliothèque du Congrès : http://memory.loc.gov/
ammem/omhhtml/omhhome.html
L’OTHRP a travaillé à la fois avec l’Assemblée législative monocamérale
du Nebraska et le Congrès des États-Unis pour faire passer une loi
décisive dans le domaine des problèmes de rapatriement, comprenant (y
compris la précédente) à la fois la Loi 612 (« Omaha ») qui échoua une
première fois puis fut adoptée ensuite comme Loi 340 (« Pawnee ») en
1989, et le NAGPRA (Native American Grave Protection and Repatriation
Act: « l’Acte de Rapatriement et de Protection des Tombeaux Indiens »)
de 1990. A partir de la fin des années 1970, l’OTHRP négocia avec succès
le retour d’objets sacrés, dont le Mât Sacré, la Peau de Bisonne Blanche
et d’autres objets culturels détenus par des institutions telles que
l’Université d’Harvard, le Musée des Indiens d'Amérique (en particulier
la Collection George Heye ), et la Société d’Histoire de l’État du
Nebraska, entre autres.
L’OTHRP fut le premier à instaurer une collaboration systématique et à
permettre d'ériger le centre commémoratif Susan La Flesche à Walthill en
tant que site historique de l’État du Nebraska, puis à faire en sorte
qu'il soit répertorié dans le registre national des sites historiques.
Picotte était Omaha et elle fut le premier membre d'une tribu
amérindienne à recevoir un diplôme de médecine (tous genres confondus).
L’OTHRP a conçu à la fois des programmes éducatifs imprimés,
radiodiffusés et télévisés pour des projets individuels, en
collaboration avec le Conseil des Arts, Lettres et Sciences Humaines du
Nebraska et l’Université du Nebraska, entre autres. Au cours des années,
l’OTHRP a fourni de la documentation qui a servi à la publication d’au
moins dix livres, à la production de quatre films et documentaires
télévisés, et à la réalisation de trois sites Internet.
L’organisation a reçu de nombreuses récompenses, notamment la mention
honorable du Prix Victor Turner en 1998 pour l’ouvrage « Blessing For a
Long Time : The Sacred Pole of the Omaha Tribe », de Robin Ridington et
Dennis Hastings ; plusieurs récompenses pour les films « Dancing to Give
Thanks » et « The Return of the Sacred Pole » (1991), tous deux projetés
au Festival du Film de Sundance ; un prix décerné en 1993 par le Conseil
Artistique du Nebraska pour « West Meets West », un concert au cours
duquel se sont associés l’Orchestre Symphonique d’Omaha et un groupe de
chanteurs traditionnels omahas. L’OTHRP a été éminemment référencé dans
plusieurs livres, a collaboré à l’écriture d’une douzaine d’articles
universitaires, et a été consulté pour un grand nombre de reportages
écrits, radiophoniques ou télévisuels dans tous les États-Unis et
internationalement.
Le projet le plus ambitieux de l’OTHRP est la construction et la mise en
opération de Tae’ah’thee (la « Nouvelle Lune en Mouvement »). A la fois
exposition à l'échelle mondiale et infrastructure éducative et
d'archivage, ce projet est situé sur les terres ancestrales de la
réserve omaha, révélant une approche activiste et écologique qui raconte
l’Histoire des Omahas en termes de réalité et de survie culturelle. La
conception architecturale de ce projet, réalisée par Vincent Snyder,
s’est déjà vu décerner trois grandes récompenses:
Le Prix 2002 de la Conception, décerné par
l’Association des Écoles Collégiales d’Architecture
Le Prix 2002 de la Conception, décerné par la
Société d’Architecture de Boston
Le Prix de la 50e année d’Architecture
Progressive, décerné par le Magazine d’Architecture en 2003.
L’organisation a existé principalement grâce à l’engagement et au
dévouement de son fondateur et directeur, Dennis Hastings, doctorant. Le
Conseil d’Administration de l’OTHRP comprend actuellement plusieurs
anciens Omahas reconnus aussi bien que des non-Indiens, y compris
l’actuel président du conseil tribal, un ex-président du conseil tribal,
l’ancien directeur d’une organisation d’archivage nationale, un
folkloriste de la Bibliothèque du Congrès à la retraite, le directeur
d’un musée, un professeur de législation des Nations Unies et boursier
Fullbright, un professeur émérite d’anthropologie d’une université
canadienne.
Le dernier projet de l’OTHRP sur la réserve, « la femme par la fenêtre
», est une peinture murale inspirée d’une photographie historique d’une
femme omaha, prise dans les années 1920. Située le long de l’autoroute
75, à sept kilomètres au nord de Macy —Nebraska—, cette peinture murale
en couleur rend honneur au rôle à la fois historique et contemporain des
femmes dans la tribu. Ce projet a été financé grâce à une subvention du
Conseil Artistique du Nebraska.